« Victoria » de Sebastian Schipper

Critiques

Fond noir. La musique pulse de plus en plus fort, tels les battements d’un cœur électrisé. La lumière se fait épileptique, l’image est floue. La caméra s’avance lentement parmi des corps en mouvance pour s’accrocher nette au joli minois d’une brunette s’éclatant sur la piste de danse. On ne la lâchera plus. Voici donc Victoria, jeune immigrée espagnole, qui va bientôt se laisser charmer, dans la nuit berlinoise, par quatre paumés dans le vent et leur céder son âme aux premières lueurs du jour. Cette histoire nous est contée en un seul plan-séquence de 2 heures 13 exactement. Soit un film sans coupure, sans montage, obligeant ses acteurs à marcher en équilibre sur un fil. Une seule erreur et c’est la chute, le tout qu’il faut recommencer. On s’incline devant la performance et ne peut que saluer l’audace folle du réalisateur. Sa mise en scène risquée se révèle ingénieuse. Chapeau bas ! Le reste laisse hélas pantois… Son scénario n’est pas à la hauteur et s’avère bien trop ambitieux pour un dispositif aussi limitatif. Péché d’arrogance ? Vite décrédibilisé, il fait de ses personnages de parfaits imbéciles, dont la bêtise gêne tout espoir d’empathie et finit par sérieusement agacer. Cette vision d’une jeunesse étrangère sans repères moraux et se shootant à l’adrénaline ne rassure guère non plus.

Pensée du jour : une ambition saine est guidée par l’humilité.

6/10
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