« La vanité » de Lionel Baier

Critiques

« Memento mori », « Souviens-toi que tu vas mourir »… Tel est le message symbolisé par le crâne en anamorphose dissimulé dans la reproduction du tableau de Holbein qui orne maladroitement la paroi de ce motel en pleine décrépitude. David Miller ne l’a pas oublié, bien au contraire. Habitué à obtenir tout ce qu’il veut et quand il le veut, l’architecte vaniteux a même décidé d’anticiper son décès. Malade, il a fait appel à une association d’aide au suicide. C’est Esperanza qui est chargée de l’accompagner jusqu’à son dernier souffle avec pour seul témoin Tréplev, le prostitué de la chambre d’à côté. Sujet fort et polémique que la mort assistée qui, à l’écran, en a inspiré plus d’un – Mar Ardentro d’Alejandro Amenabar , Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé et plus récemment Fin de partie de Sharon Maymon. Le Suisse Lionel Baier s’ajoute à la liste en préférant le ton d’un huis-clos plus humoristique que mélodramatique. Le début presque théâtral peine à trouver son rythme, le temps de poser la situation et les personnages. Action, trouvailles et bons mots s’enchaînent de manière artificielle parfois. Il faut attendre le « road trip » final de cette famille recomposée pour qu’une émotion véritable pointe et bouleverse. Dans leurs regards, c’est toute l’humanité qui transparaît. Et devant la mort, un geste d’amour, même vain, laissera une trace ineffaçable.

Pensée du jour : face à la mort, l’humain n’est que vanité.

7/10
twitter.com/cinefilik

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s