« Le bouton de nacre » (El botón de nácar) de Patricio Guzmán

Critiques

Nostalgie de la lumière, documentaire précédent du réalisateur, nous éclairait sur le désert d’Atacama, à l’extrême Nord du Chili en analysant le lien entre cosmos et géologie, tout en y révélant l’horreur politique dissimulée sous le sable. Principe similaire dans ce second volet du diptyque qui nous emmène tout au Sud du pays dans une histoire d’eau et de mémoire. A partir d’une gouttelette emprisonnée dans un bloc de quartz, le cinéaste évoque l’espace et les étoiles, la pluie, les glaciers, les torrents et les océans. Eau, source de vie, voie de circulation et de communication. Eau, source de mort, force menaçante et cimetière marin. Cette approche lui permet une nouvelle fois d’évoquer l’histoire chilienne : des peuples indigènes, de leur culture et langue où les mots « Dieu » et « police » n’existent pas, à leur extermination par la colonisation ; de la révolution Allende au coup d’Etat qui instaure le régime militaire. Entre ces époques éloignées, un modeste bouton de nacre. Les images de nature sont belles et glaciales lorsqu’elles reconstituent en détail les tortures infligées. Le discours, trop appuyé peut-être, demeure d’une grande limpidité. Le regard des témoins rescapés touche et rappelle que l’impunité est un double assassinat.

Pensée du jour : nous sommes tous les ruisseaux d’une même rivière.

7/10
twitter.com/cinefilik

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