« The program » de Stephen Frears

Critiques

Lance Amstrong, certainement l’un des plus beaux palmarès de l’histoire du sport – sept Tours de France remportés consécutivement – et l’un de ses plus grands tricheurs. De ses premiers succès à sa destitution, un personnage double et trouble qu’il n’étonne pas de retrouver à l’écran. Côté pile, un athlète hors du commun, plus fort que le cancer et source d’inspiration pour ses suivants. Côté face, une créature retorse et manipulatrice, qui préfère le silence plutôt que de choisir entre sa mère et la victoire. Sa ligne de défense, une fois la corde du gibet autour du cou ? Dans ces courses où tous étaient dopés, il n’y a toujours eu qu’un seul vainqueur, moi. Frears cerne bien la complexité de l’homme, mais en synthétisant près de 10 ans en 1 h 43, il se risque à niveler une réalité pleine d’aspérités. Le rôle clé du Docteur Frankenstein à la base même du « programme » est desservi par le ridicule d’un Guillaume Canet emperruqué. La relation complexe entre le roi et son dauphin, Floyd Landis, lestée d’admiration et de jalousie, intrigue certes, mais n’engendre aucune réflexion sur la problématique même du cyclisme, mêlant individuel et collectif. Quant à l’ampleur du cynisme et du déni de l’UCI, des médias et du grand public, elle s’esquisse à peine, l’Anglais préférant achever son film sur une simple chanson… « Everybody knows » de Leonard Cohen.

Pensée du jour : « Citius, Altius, Fortius » et le dopage perdurera.

6.5/10
twitter.com/cinefilik

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