« L’hermine » de Christian Vincent

Critiques

Bien en vue dans la cour d’assises, Michel Racine domine et en impose. Robe rouge au jabot blanc, fourrure d’hermine sur les épaules, on le redoute et le surnomme le « Président à deux chiffres », car, sous sa juridiction, rares sont les condamnés qui prennent moins de dix ans. Au dehors, Michel Racine change de costume. Petit homme effacé, pas assez ambitieux pour aspirer au bonheur, il se pare d’une écharpe voyante afin que le reste ne se remarque pas. Alors que le sort d’un jeune père accusé d’infanticide se joue, il est troublé par l’une des jurées, Ditte, un amour déçu. Le film reconstitue avec soin l’ambiance de la cour, s’attardant presque trop sur les étapes obligées d’un procès – sélection du jury, appels à la barre, témoignages et pourparlers – qu’il paraît abandonner par la suite. On craint alors l’austérité et la gravité de l’ensemble reflétant l’humeur première du personnage. Mais la retenue de Fabrice Luchini et son humilité touchent quand il se retrouve penaud face à Sidse Babett Knudsen. Paillettes dans les yeux, Madame Borgen étonne de par ses origines danoises avant de se fondre sans peine dans un rôle séduisant. Le couple convainc et le charme opère jusqu’à la scène finale où le serment du Président faisant promettre aux jurés fidélité résonne tel un échange de vœux matrimoniaux.

Pensée du jour : une cour d’assises est un théâtre de la vie.

7.5/10
twitter.com/cinefilik

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