« Béliers » (Rams) de Grímur Hákonarson

Critiques

Cela fait plus de quarante ans que Gummi et Kiddi, frères et voisins, ont rompu le contact. Entre eux, les mots ont disparu et les gestes se sont taris. Seuls les animaux maintiennent encore le lien : les béliers qu’ils élèvent dans une passion commune et un fidèle border collie, garant de la communication. Alors que leurs bêtes sont les plus renommées de la région, une suspicion d’épidémie de tremblante menace l’entier du troupeau et l’existence routinière de tous. Les moutons en Islande ne sont pas qu’un animal, c’est une institution. Pour les frérots, ils représentent leur seule raison de vivre à qui ils réservent humanité et tendresse. Se résoudre à les abattre par contrainte sanitaire est un crève-cœur, une déchirure lacérant âme et vêtement. Cela signifie aussi la fin d’une lignée. On ose une lecture quasi biblique ici, de l’agneau sacrificiel au livre de Job, qui perdra tout pour mieux redonner valeur aux choses. Le ton de cette tragédie aigre-douce aurait cependant gagné à être plus léger, plombé par la gravité de la situation, ainsi que le froid ambiant des paysages alentours et des comportements. Avec leur gueule de Père Noël fatigué, les deux loups solitaires, certes inoffensifs, peinent à gagner sympathie et empathie. Quelques rayons humoristiques supplémentaires auraient certainement su réchauffer l’ensemble.

Pensée du jour : dessine-moi un mouton islandais !

6.5/10
twitter.com/cinefilik

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