«Truth : le prix de la vérité » (Truth) de James Vanderbilt

Critiques

Pensée du jour : Au plus près des spotlights

En 2004, alors que le cœur de l’Amérique palpite au rythme de l’élection présidentielle, la productrice Mary Mapes et son équipe de journalistes enquêtent sur George W. Bush, candidat à sa propre succession. Selon leurs informations, le Président aurait bénéficié d’appuis prépondérants afin d’échapper à ses obligations militaires lors de la guerre du Viêt Nam.  Portées par Dan Rather, l’animateur vedette de CBS, ces révélations ont l’effet d’une bombe aux éclats destructeurs.

Il y a peu, l’oscarisé Spotlight de Thomas McCarthy rendait un hommage vibrant et nostalgique à la presse écrite des années 2000 dont l’une des missions était d’informer afin de dénoncer les injustices. Second volet de ce diptyque imprévu, Truth déchante en traversant l’écran de télévision et en dévoilant ce qui se trame en coulisses. Si l’idéalisme dans la profession demeure, les pressions économiques, politiques et médiatiques altèrent la donne. Plus question de trimer pendant de longs mois sur un sujet. Le temps étant de l’argent, l’exclusivité devient l’objet ultime de la quête journalistique au risque d’en négliger les sources. Dans un monde biaisé où l’humeur d’internautes actifs peut remettre en question tout travail de fond, où le lanceur d’alerte risque plus que le coupable qu’il accuse, une approximation est un boomerang fatal. A vouloir voler au plus près des projecteurs, les ailes se brûlent. Le sujet et cette histoire tirée du réel sont dignes d’intérêt et il est plus qu’ironique, dans cette chasse, que proies et prédateurs soient au final tous congénères. Cependant, le film perd son équilibre entre des personnages inégaux et une mise en scène pas toujours adroite. Alors que dans Spotlight, tous étaient tranchants, les seconds couteaux, à peine aiguisés ici, ne peuvent que courber la lame sous le poids du duo héroïque. Cate Blanchett, qu’on a connue plus divine, gesticule et grimace beaucoup dans le rôle d’une Jeanne au bûcher des vanités. A ses côtés, l’homme du Président, Robert Redford, tout en retenue, garde classe et distance malgré une caméra emphatique et une musique prétentieuse à l’heure du départ. Sur ces questions de cinéma, la vérité est ailleurs.

6.5/10

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