« Elvis & Nixon » de Liza Johnson

Critiques

Pensée du jour : Le roi et le président 

Au début des années 70, Elvis souffre de la tournure politico-sociale qu’emprunte son cher pays, alors enlisé dans une guerre du Viêt Nam interminable et déstabilisé par les mouvements révolutionnaires hippie et afro-américain.  Son idée, devenir un agent infiltré au service du gouvernement. Il s’en va donc à Washington demander l’appui du président.

Une fois de plus, la réalité n’hésite pas à dépasser la fiction, tant cette rencontre entre deux icônes étatsuniennes de l’époque paraît des plus improbables. Pourtant, la vérité est ici et non ailleurs, s’avérant suffisamment alléchante pour susciter l’intérêt du film. Si les échanges et les dialogues restés confidentiels entre le roi et l’homme d’État ne sont que des présupposés, le rendez-vous à la Maison-Blanche a bien eu lieu, immortalisé par une photographie célèbre aujourd’hui archivée. Il est amusant de voir l’inattendu Michael Shannon camper un King plus sérieux que ne laisse le présager sa dégaine incomparable, obnubilé par les armes à feu et les plaquettes policières. Bien secondé, il n’hésite pas à user de son aura sur le public féminin pour que cèdent les portes closes. On s’interroge cependant sur le combat insistant contre la drogue de la rock star qui se pose en modèle de la jeunesse, alors que ses dépendances étaient certainement déjà voraces. Face à lui, Kevin Spacey, plus à l’aise dans la « Maison de cartes » du requin Underwood, joue les Nixon sans grande souplesse, en appuyant le trait. Le film aurait d’ailleurs gagné en profondeur s’il avait davantage creusé la réflexion de la limite entre l’homme et le personnage reflété, qu’il soit une légende vivante de la musique, un politicien ou un acteur. A l’aéroport, alors qu’il attend son vol, Elvis, loin d’être incognito, est abordé par un sosie jeune et un vieux qui lui renvoient d’un coup l’image insolite de son passé et de son futur proche. Les deux énergumènes, persuadés d’avoir affaire à l’un des leurs, ne reconnaissent pas l’idole au point de dénigrer son accoutrement. Ou quand la caricature s’estime supérieure au mythe…

7/10
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