« Stefan Zweig – Adieu l’Europe » (Vor der Morgenröte) de Maria Schrader

Critiques

Pensée du jour : Le spleen de l’écrivain

En 1936, Stefan Zweig, dont la renommée a surpassé les frontières, est accueilli avec honneur à Rio. Mais les éloges et les succès littéraires ne rassérènent guère le Juif autrichien en fuite. Rejeté par son propre pays, il craint pour une Europe en proie au nazisme et menacée par le conflit.

4 chapitres et 1 épilogue, 5 pages d’une vie qui se tournent une à une et referment le livre. Une approche plus conceptuelle que classique pour un biopic concentré sur l’exil forcé du maître. Au Brésil, un journaliste encourage vivement Zweig à prendre parti. Il rétorque que tout acte de résistance d’aussi loin équivaudrait à de la vanité. Lui, l’humaniste inspiré par cette terre d’adoption à la réussite multiculturelle, ne souhaite s’engager ni contre l’Allemagne hitlérienne ni pour la guerre et préfère se concentrer sur son œuvre. Aurait-il tort ? Empreint de doute, l’apatride aux racines arrachées se laisse ronger par le remords et la culpabilité. Sa lumière s’éteint et devient ombre. Si le film séduira avant tout l’intérêt des adeptes de l’auteur, il a le mérite d’éviter l’écueil d’une austérité redoutée en misant sur la sensibilité de ses acteurs et de sa mise en scène. Ainsi, dans l’épilogue, c’est de manière élégante et subtile que l’envers macabre du décor se dévoile à travers le miroir d’une armoire qui s’entrouvre petit à petit.

7.5/10

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