« Genius » de Michael Grandage

Critiques

Pensée du jour : Écrire pour exister

Après de nombreux refus, le manuscrit à portée autobiographique de Tom est enfin accepté. Et c’est le grand éditeur Marxwell Perkins, découvreurs de talents précieux tels que F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, qui lui ouvre ses portes. Celui-ci  va donc bientôt faire connaissance avec la personnalité unique de Thomas Wolfe.

La première scène du film est sans doute la plus réussie. Perkins reçoit sur son bureau un document massif de près d’un millier de pages. « J’y jetterai un coup d’œil rapide », dit-il, l’air un peu las. Quelques lignes introductives et son regard, d’abord intrigué, devient rapidement captif. Dans le train qui le ramène chez lui, il tourne les pages et cite quelques passages déjà marquants. Arrivé en son beau domaine, c’est à peine s’il remarque et salue sa femme et ses nombreuses filles, quêtant au plus vite un endroit calme qui prendra la forme d’un dressing isolé. La lecture se poursuit le soir et la nuit pour s’achever enfin le lendemain, alors qu’apparaît sur l’écran le titre « Genius ». Ainsi sont les prémisses de cette histoire estampillée vraie entre un « génie » de la littérature et son pygmalion. Le  jeunot plein de fougue et d’envie doit néanmoins accepter le cadre imposé par ce père castrateur symbolique qui l’encourage à écourter sa prose tout en craignant de la trahir. Dans un bon mot du film, Wolfe lui assène : « Heureusement que Tolstoï n’a pas croisé votre route, car il n’aurait pu écrire que Guerre et… rien ». Pourtant la confrontation potentiellement explosive entre ces deux caractères colorés ne provoque que peu d’étincelles, le réalisateur préférant un académisme dommageable qui freine l’émotion. La faute également à un Jude Law en surjeu et trop âgé pour le rôle, ainsi qu’un Colin Firth bien lisse, malgré toute sa classe. A leurs côté, maîtresse et épouse – Nicole Kidman et Laura Lynney – font ce qu’elles peuvent avec les brouillons laissés pour exister, quitte à passer davantage pour des obstacles à la création que pour des égéries. Comme quoi, un carré de rois et de reines ne remporte pas toujours la mise.

6.5/10

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