« Loving » de Jeff Nichols

Critiques

“Mariage blanc… et noir”

Mildred annonce à Richard qu’elle est enceinte. Il lui sourit, heureux, et lui demande sa main. Mais en 1958, dans l’État de Virginie, épouser une femme noire quand on est un homme blanc est considéré comme un crime.

Le visage fermé, l’air renfrogné, Richard Loving est un maçon épris de mécanique. Les murs qu’il bâtit inlassablement sont ceux du foyer qu’on lui refuse. Les moteurs des voitures qu’il répare et améliore rappellent la déficience d’un système. Cette Amérique ségrégationniste lui donne le choix entre la prison ou l’exil, alors qu’il n’aspire qu’à aimer en paix. Derrière ses yeux de biche, Mildred est plus encline à s’affirmer. En acceptant la médiatisation de son couple, elle pressent que la loi peut être réécrite et que la grande histoire s’inclinera : « Nous pouvons perdre les petites batailles, mais nous sommes dans une grande guerre », argue-t-elle d’une voix douce. Sans pathos ni spectaculaire, le film se dote d’une langueur méditative à l’émotion limitée. Il touche néanmoins par sa délicatesse et prouve que Jeff Nichols, qui s’est démarqué dans le fantastique, sait également conter une belle histoire d’amour sur fond de révolte. Ainsi marche-t-il davantage encore dans les pas de son père spirituel, Steven Spielberg.

7/10

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