« La cité perdue de Z » (The lost city of Z) de James Gray

Critiques

“Jungle fever”

Dans l’Angleterre de 1906, le Major Percival Harrison Fawcett est engagé par la Société géographique royale pour cartographier la frontière entre le Brésil et la Bolivie. Cette expédition est importante pour lui qui se doit de redorer le blason familial entaché par l’alcoolisme d’un père. Il en reviendra transformé avec l’obsession de repartir sur place pour retrouver la mythique cité de Z.

A travers la vie de ce personnage réel, James Gray nous offre une épopée dense et fascinante qu’il ancre à la fois dans l’histoire du monde et dans l’intimité d’un homme. Ainsi évoque-t-il la société conquérante de l’époque avide de découvertes, mais peu encline à prêter aux populations indigènes le nom de civilisation. Alors qu’éclate la Première Guerre mondiale, les tranchées éveillent une sauvagerie autre de celle de la forêt équatoriale. Évitant l’effet carte postale souvent dévolu au genre, Gray opte pour une image vaporeuse et à la lumière discrète qui resserre son propos autour de la figure héroïque de Fawcett, écartelée entre sa quête et les siens qu’il abandonne au pays. Sa femme Nina, soutien sacrifié de la première heure, et ses enfants qu’il n’aura pas vu naître finiront par épouser son rêve d’absolu. Un héritage existentiel qui se définit par cette maxime : « La portée d’un homme devrait dépasser son étreinte. Sinon, à quoi bon le ciel ? »

8/10

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