« 120 battements par minute » de Robin Campillo

Critiques

De battre son cœur s’est arrêté

Ils s’appellent Sean, Nathan, Thibaud, Sophie, Marco… Unis dans leur jeunesse et leur esprit de révolte. Solidaires et impliqués, ils militent pour faire reconnaître leurs droits, au cœur des années sida.

« Moi, dans ma vie ? Je suis séropo… c’est tout ». Peu d’espoir, pas d’avenir, mais un présent scandé par des séances de lutte. Contre les atermoiements des politiques, les tergiversations des laboratoires, le mercantilisme des assureurs, l’indifférence de tous les autres, il n’y a plus de temps à perdre. Au sein de l’association Act Up-Paris, se multiplient les coups de sang afin d’alerter, sensibiliser, réveiller, quitte à choquer. Le fond de l’air est rose.

Mu par l’énergie du souvenir, Campillo retranscrit la fièvre de l’époque avec art. D’une maîtrise rare, il offre une œuvre complète mêlant l’histoire, le documentaire, l’esthétique, le drame, l’amour, parvenant même à alléger le plomb par quelques éclats d’humour. On saisit sans peine la main qu’il tend pour nous entraîner avec fluidité parmi cette génération sacrifiée. Portraits bien dessinés qui naviguent entre Eros et Thanatos. Pulsions de survie noyées dans un fleuve rouge de mort. « Alors on sort pour oublier tous les problèmes… Alors on danse. »

8.5/10

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