« Le redoutable » de Michel Hazanavicius

Critiques

“Hommes à lunettes”

En 1967, le fameux cinéaste Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky, l’une de ses actrices fétiches, s’aiment. Mais la montée de la contestation estudiantine qui explosera quelques mois plus tard va compromettre leur couple.

Jeunesse, Légende, Génie. J.-L. G. Homme, artiste, militant. Trois casquettes et quelques épaisses montures pour masquer cette multiple figure. Cet insatisfait qui doute et ne cesse de se remettre en question. Godard se déclare mort, vive Godard ! Le héros est redoutable, insubmersible, insaisissable. Par définition, la révolution est le mouvement d’un objet autour d’un axe, le ramenant finalement au point de départ. Conscient de ne jamais pouvoir atteindre sa cible, Hazanavicius l’élude par l’idée même du pastiche. C’est là la force, l’intelligence et la limite de son hommage. Il gagne en rire et accessibilité, ce qu’il perd en vérité. Dans le rôle, Louis Garrel se fond tout en restant reconnaissable. Le digne héritier de la Nouvelle Vague zozote avec insistance, mais démarque son talent en jouant la carte de l’autodérision. Ainsi, les acteurs ne seraient pas que des « cons » qui répètent ce qu’on leur demande de dire. La mise en abyme est installée et son effet miroir reflète aussi à l’homme à lunettes qui se dissimule derrière la caméra.

7/10

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