« Sorry we missed you » de Ken Loach

Critiques

“Les Misérables”

Usé par les emplois fragiles et mal payés dans le bâtiment, Ricky décide de se mettre à son compte. Il acquiert la franchise d’une entreprise de livraison à domicile et devient chauffeur indépendant. Une liberté bien illusoire.

Dès les premières minutes, on ressent le piège se refermer sur le personnage et le spectateur. Il faut s’endetter pour gagner plus. Aucun salaire versé évidemment, mais un paiement effectué à la course. Pour être rapide, la location d’une camionnette en bon état s’avère nécessaire. La voiture de l’épouse Abby, infirmière à domicile, en fera les frais. Elle prendra le bus. La pression est constante pour honorer les contrats et servir un client toujours plus exigeant. Pas le temps de manger ni de pisser ailleurs que dans une bouteille. Les heures s’accumulent au détriment de la vie de famille, île ultime qui se noie. Adultes et enfants n’ont plus de rêves et perdent pied.

La démonstration est implacable et dénonce une société ubérisée où la performance a remplacé l’humain. Les chiffres sont les chaînes invisibles de cet esclavage moderne. Mais est-il nécessaire de chuter dans le misérabilisme pour réveiller les consciences ? Dans le cinéma militant de Ken Loach, même les chiens n’ont que trois pattes…

6/10

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