« Soul » de Pete Docter

Critiques

(Film Disney+) “L’Âme stram gram”

Humble professeur de musique dans un collège, Joe Gardner semble avoir décroché la lune : il va pouvoir enfin réaliser son rêve en accompagnant sur scène un quartet de jazz renommé. Mais une mauvaise chute l’entraîne tout droit dans le « grand avant », sorte de purgatoire cotonneux où, sur un malentendu, une âme en devenir lui est confiée.

Le sourire pointe dès les premières notes volontairement éraillées du fameux générique disneyen. Pas facile de garder son sérieux et la foi éducative face à des élèves qui n’ont pour seule aspiration que d’être ailleurs. Alors qu’on lui offre la sécurité de l’emploi, Monsieur Gardner craint de se perdre s’il opte pour cette facilité. Mais son destin funèbre l’arrête sur le chemin d’un esprit éthéré qui se refuse de naître. Numéro 22, le réfractaire, n’en est pas à son premier mentor poussé au désespoir : Lincoln et Jung se sont arraché barbe et moustache, Marie-Antoinette en a perdu la tête, quant à Gandhi, comme Mère Teresa, il ne l’a pas supporté. Confronté à ce « no body », Joe va-t-il réussir à recouvrer son corps ?  

Dans un mélange musical, poétique et philosophique très convaincant, Pixar s’interroge sur l’existence : Y a-t-il une vie après la mort ? Une vie avant la vie ? A quoi je sers ? Passion, vocation ou ambition suffisent-ils pour me combler ? Et si je me contentais d’être un chat ? Samare et tranche de pizza ont-elles un sens ? Des réponses qu’un guide ou une main tendue pourraient inspirer. 

Cet « âme stram gram » aux graphismes chatoyants et confortables rappelle beaucoup les sentiments de Vice versa,autre grande réussite du studio éclairé. La préadolescente est devenue un homme qui se cherche encore. Redite ou plagiat plutôt que continuité médiront certains. Pourquoi hésiter devant une telle rhapsodie en couleurs qui nous encourage à en savourer chaque minute ? Pour son 25e anniversaire, Pixar souffle une bougie étincelante qui n’aura malheureusement pas l’honneur de réchauffer les écrans de cinéma. La souris aux grandes oreilles n’est plus qu’un rat.

(9/10)

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