« Délicieux » de Eric Besnard

Critiques

“Le grand restaurant”  

Dans la campagne française de 1789, Manceron est renvoyé pour avoir pris l’initiative de servir truffe et pomme-de-terre aux invités influents du duc de Chamfort. « Des mets bons pour les gorets », lui assène-t-on. Relégué avec son fils dans un ancien relais de poste, ils sont bientôt rejoints par Louise, une femme mystérieuse qui demande à être son apprentie.

Pour la noblesse, manger est un art propre au plaisir et à l’entregent. Mais pour le peuple, ce n’est qu’une question de survie. La création du premier restaurant, lieu d’accueil démocratique permettant à tous de se mélanger et à chacun de payer des assiettes adaptées à ses moyens réconcilierait-elle les esprits ? Entre cuisine et dépendances, la révolution est en marche.

Les quatre éléments essentiels pour réussir une recette sont le feu, le temps, l’outil et la main. Les paluches massives du nounours Gadebois pétrissent avec aisance et délicatesse le pâton qui constituera ses délicieux. Ne pouvant contenter les papilles du spectateur, les plats mijotés par des chefs ravissent au moins les yeux. Tout comme cette approche picturale du clair-obscur faisant de certaines tablées des natures mortes d’époque. Plus romantique qu’historique, le festin s’affadit parfois dans des péripéties maladroites qui sentent le réchauffé. Sans être gastronomique, le menu d’Eric Besnard permet cependant un dîner agréable.

(6.5/10)

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