« Gabriel et la montagne » (Gabriel e a montanha) de Fellipe Barbosa

Séances rattrapage

(Rattrapage) “Carnet de voyage”

Gabriel, étudiant brésilien, est sur le point d’achever un tour du monde d’une année. Ultime étape de son périple, l’Afrique de l’Est lui ouvre ses bras.

Gabriel est pressé de voir, rencontrer, photographier. L’urgence de vivre l’instant, comme un être de passage qui pressent que l’avenir se refuse à lui. Son ami cinéaste le trace et fait rejouer ses derniers jours par ceux qui ont croisé sa route. Une troublante invitation au voyage qui va de l’hommage au pèlerinage.

(7/10)

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« Le teckel » (Wiener-dog) de Todd Solondz

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(Rattrapage) “Chienne de vie”

Un teckel est adopté par un couple dont le petit garçon est en rémission. Après être passé entre les mains de différents maîtres, le chien accompagne une vieille femme malade.

Que l’Amérique de Todd Solondz semble usée, hantée par des tristes sires écrasés par l’existence. Le réalisateur dit « misanthrope » enchaîne les portraits tenus en laisse par une saucisse sur pattes. Un hot dog bien plus moutarde que ketchup, duquel se dégage néanmoins une grande humanité. Mais pas de quoi fouetter un chat !

(5.5/10)

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Le teckel

« A mon âge je me cache encore pour fumer » de Rayhana

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(Rattrapage) “Les baigneuses”

Dans une Algérie divisée, des femmes de tous horizons se retrouvent dans le hammam de Fatima pour un moment de répit. A l’abri du regard et de la violence des hommes.

Amour, sexe, religion, douleurs et espoirs. Les échanges sont enlevés entre communion ou dissension. Adapté de la pièce de théâtre du même nom créée par la réalisatrice, le film touche parfois à la cacophonie ambiante. Rares sont les silences réparateurs. Mais les souffrances exprimées sont réelles et leur évocation, nécessaire.

(6/10)

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A mon âge, je me cache...

« Grave » de Julia Ducournau

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(Rattrapage) “L’école de la chair”

Justine, 16 ans, intègre l’école vétérinaire dans laquelle étudie sa sœur aînée. Lors du traditionnel bizutage, la jeune fille est contrainte d’avaler un rein de lapin cru. Une épreuve pour cette végétarienne qui finira pourtant par y prendre goût.

Quand l’errance adolescente en quête d’identité et de limites devient un cauchemar éveillé teinté d’horreur et de fantastique. Les sens en alerte, on se découvre, on se teste. La chrysalide se fait mante religieuse. L’agnelle devient louve. Toute l’audace provocante d’un premier film devant lequel on ose le rire – « finger food » au goût de curry – et, malaisé, détourne le regard.

(7.5/10)

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Grave

« L’heure d’été » de Olivier Assayas

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(Rattrapage“Se souvenir des belles choses”

Sous un soleil généreux, Hélène fête ses 75 ans dans la maison familiale entourée de ses enfants et petits-enfants. Depuis toujours, elle est la gardienne d’une collection hommage à son oncle, peintre célèbre et coté. Qu’adviendra-t-il de tout cela lorsqu’elle s’en ira ?

La valeur artistique d’un objet est-elle plus importante que son utilité ou le souvenir affectif qu’on lui porte ? Sans esclandre ni conflit inutile autour de la notion même d’héritage, Olivier Assayas s’interroge sur la mémoire liée aux jolies choses avec une douceur infinie. A l’image d’une nuit d’été.

(7.5/10)

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« High-Rise » de Ben Wheatley

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(Rattrapage“La tour infernale”

Robert Laing, séduisant chirurgien, emménage au 25ème  étage d’un gratte-ciel londonien révolutionnaire pour son époque, les années 70. L’immeuble est l’œuvre de l’architecte Anthony Royal qui séjourne au plus haut, alors que les appartements les plus modestes se terrent dans la pénombre de la base. Trois mois plus tard, l’idéalisme affiché de la tour a laissé place à l’Apocalypse.

Cette adaptation d’un roman dystopique rappelle L’ange exterminateur de Luis Buñuel qui prenait un plaisir malin à enfermer jusqu’à la déliquescence dans un salon ouvert des bourgeois incapables de mouvement. Le discours est proche, symbolisant la lutte des classes par les degrés plus ou moins élevés du bâtiment. Il suffit d’une panne d’électricité prolongée pour que le sentiment d’injustice et le mépris ambiant transforment l’humain en animal sauvage. La métaphore n’est pas nouvelle mais demeure digne d’intérêt. Néanmoins, la laideur jaunasse de l’ancrage seventies tient à distance tout comme les errances vaporeuses de la narration.

(6/10)

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High Rise

« Planétarium » de Rebecca Zlotowski

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(Rattrapage“Medium”

Laura et sa cadette Kate débarquent dans le Paris de la fin des années 30. Réputées pour leurs séances de spiritisme, elles se produisent dans des cabarets et attirent l’attention du producteur André Korben. Fasciné, il souhaite filmer les deux sœurs américaines.

Croire à ce que l’on ne peut voir et ne pas considérer ce qui se trame sous ses yeux. Soit l’extralucidité présumée d’un côté, mêlée à l’illusion cinématographique, et, de l’autre, l’antisémitisme rampant annonciateur de l’extermination prochaine. Quand le paranormal côtoie la réalité la plus sinistre. On remarque le charme du français encore hésitant de Natalie Portman. On s’intéresse avec curiosité à l’éclosion de Lily-Rose Depp. Mais on regrette le manque de magie de l’ensemble.

(6/10)

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« Qui a tué Bambi ? » de Gilles Marchand

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(Rattrapage“Biche aux abois”

Infirmière stagiaire, la jeune Isabelle souffre de vertiges qui inquiètent ses collègues. Le docteur Philipp, aussi séduisant qu’inquiétant, lui conseille d’aller voir un spécialiste.

L’étrangeté suinte les murs et sols froids de cet hôpital, dans lequel des patients disparaissent ou se réveillent en pleine intervention. Sans atteindre le cauchemardesque d’un David Lynch ou le ludique horrifique d’un Lars von Trier, Gilles Marchand suscite, à son niveau, fascination et malaise dans un conte mêlant grand méchant loup et chaperon blanc.

(7/10)

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Qui a tué bambi

« Divines » de Houda Benyamina

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(Rattrapage) “Bande de filles”

Dounia et sa meilleure amie Maimouna rêvent d’une vie faite de luxe et d’argent facile qui les éloignera au plus vite des horizons bouchés de leurs banlieue et bidonville. Seule solution à leurs yeux, se lancer dans le trafic de drogue, au risque de se brûler les ailes.

Elles ont la tchatche, la haine et du « clito » à revendre. Le duo improbable fonctionne sans peine et nous emporte dans sa fougue comique et ses excès dramatiques. La réalisatrice temporise heureusement le chaos par l’art salvateur de la danse et de la musique classique. Un premier film énergique et plein de promesses, justement remarqué, justement récompensé.

(7.5/10)

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Divines

« Above and below » de Nicolas Steiner

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(Rattrapage) “Quand t’es dans le désert”

Ils vivent en plein milieu d’un désert américain ou dans les égouts de Las Vegas. Des personnages malmenés par la vie qui s’accrochent comme ils le peuvent à un idéal en existant dans un monde parallèle et caché.

Un documentaire étrange et surprenant sur des marginaux en manque de place dans la société étriquée qu’ils côtoient. Sans trop en savoir sur eux, ils incarnent l’image de la solitude et de l’isolement, mais aussi la poésie, l’espoir et le rêve d’un ailleurs, d’un meilleur. Quelque peu circonspect quant au contenu du film, on salue le travail soigné sur le son, la musique, l’image et la lumière.

(7/10)

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Above and below