« Wonder woman » de Patty Jenkins

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“L’ordre divin ?”

Diana, fille de Zeus et d’Hippolyta, reine des Amazones. Une combattante hors pair aux pouvoirs sans limites. Afin de sauver l’humanité déchirée par la Première Guerre mondiale, elle devra affronter les forces armées allemandes et son demi-frère Arès.

Wonder woman, la perfection au féminin ? Première super-héroïne à tenir l’affiche du premier film de ce genre réalisé par unE cinéaste, Lady D. peut s’enorgueillir au moins d’une chose : satisfaire à la fois les revendications féministes et les fantasmes des machos branchés SM, amateurs d’ingénues corsetées sachant claquer le fouet. Le lésé dans l’histoire restera le cinéphile qui face à maelström d’action, de péplum mythologique, d’espionnage et de romance, long de 2 h 21, se blottira vite dans les bras réconfortants de Morphée.

5/10

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« Alien : Covenant » de Ridley Scott

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“Alien-nation”

Alors qu’il vole vers Origae-6 avec à son bord un androïde pilote, 2000 colons en sommeil, ainsi qu’un millier d’embryons, le vaisseau mère Covenant affronte une violente tempête solaire. Réveillés, les membres de l’équipage parviennent à réparer l’engin. Avant de reprendre chemin, ils captent un signal venant d’une planète non repérée jusqu’alors. En dépit des réticences de l’officier Daniels, le capitaine Oram ordonne d’explorer ce lieu inconnu, dans l’espoir d’y trouver une terre d’accueil. Une décision lourde de conséquences.

Il serait vain de numéroter cet épisode, préquelle de la tétralogie débutée en 1979 et suite du plus récent Prometheus, genèse de l’ensemble. Dieu tout puissant de la série, Ridley Scott s’acharne à en maintenir le culte. Poussé par un instinct Giger, le patriarche approfondit les thèmes de la création et de la foi abordés dans l’épisode précédent en multipliant les références culturelles et spirituelles  – la Bible, Wagner, Shelley, 2001 et compagnie – jusqu’à l’autocitation. Comme obnubilé par l’écriture d’une mythologie qui rassasierait les idolâtres, il en oublie de donner une âme à ses personnages, simples victimes expiatoires de la bête. Seul Michael Fassbender, dans un rôle d’agent double, retient un tant soit peu l’attention. En jouant au docteur Frankenstein avec lui-même et les autres, l’ange exterminateur choisit de régner en enfer plutôt que de servir au paradis. Il y a peu, Life de Daniel Espinosa contait quasi la même histoire sur le destin funeste de l’humanité. Dans son humilité et ses limites, le film s’avérait plus efficace.

6/10

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« Life – Origine inconnue » (Life) de Daniel Espinosa

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“Gravité”

Une équipe de six astronautes étudie à bord de la Station Spatiale Internationale quelques échantillons d’origine martienne avec l’espoir d’y trouver les signes d’une existence extra-terrestre. Ils y découvrent une cellule animée bientôt appelée affectueusement Calvin. Laissée inactive après un accident, l’organisme est réveillé par l’un des membres de l’équipage. Grosse erreur.

Quand Alien rencontre Gravity, ils engendrent un thriller pas inefficace en dépit de l’ombre projetée par ces solides références. Évitant le grandiloquent horrifique trop souvent lié au genre, le film se démarque par un fatalisme bien plus effrayant porteur de peu d’espoir. Alors qu’Américains, Anglais, Russe et Japonais sont à l’unisson dans l’habitacle aérospatial, leur esprit de résistance ne représente que peu face à la chose – créature hybride entre le poulpe visqueux et la plante carnivore – plus rapide, plus puissante, plus maligne. Vision très pessimiste d’une humanité d’aujourd’hui vouée à sa perte – la Syrie est évoquée. Mais que serait la vie sans la mort à ses côtés ?

7/10

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« Les gardiens de la galaxie, vol. 2 » (Guardians of the Galaxy Vol. 2) de James Gunn

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“Suite familiale”                                                                                                                 

Fidèles à leurs mauvaises habitudes, Peter Quill et ses joyeux drilles se mettent rapidement à dos une bonne partie de la galaxie. Ils sont sauvés in extremis par Ego, un homme-dieu avec un « d » minuscule, qui annonce sans ambages : « Peter, je suis ton père ».

Retour vers le futur pour le club des 5 déjantés qui surent mettre à genoux le box-office mondial en 2014. Comme on ne change nullement une équipe qui gagne, gardons les atouts en main et recommençons : effets spéciaux grandiloquents, humour ravageur, groove aux déhanchements inéluctables. Ajoutons une brindille craquante et misons sur un scénario paresseux opposant famille choisie et liens du sang. Alors pourquoi le « Ouah » du premier s’est-il transformé en un bâillement sonore et répétitif ? L’effet de surprise et l’audace n’étant pratiquement plus au rendez-vous, c’est l’ennui qui prédomine et imprègne ce spectacle sympathique, mais inutile.

6/10

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« Ghost in the shell » de Rupert Sanders

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“ROBOsCOPie”                                                                                                                 

Mira a perdu corps et parents lors d’une attaque terroriste. Mais son cerveau a pu être sauvé. Grâce aux moyens de la société Hanka Robotics, le docteur Ouelet a réussi à l’implanter dans une enveloppe androïde. Dotée de pouvoirs supérieurs, Mira est devenue le Major, arme puissante au service d’une cyberpolice. Défendant la justice, elle doit affronter un mystérieux pirate menaçant de détruire le système tout entier.

Il a fallu plus de 20 ans pour que le cinéma s’empare du film d’animation de Mamoru Oshii qui marqua son genre et son temps d’une empreinte indélébile. L’adaptation respectueuse s’éloigne quelque peu du scénario originel sans oser la révolution. Elle supprime l’aspect sociopolitisé de la carte mère, pour une intrigue moins sophistiquée où les aphorismes bien-pensants ponctuent les scènes d’action : « On peut réparer un corps, mais pas une âme. » « Ce ne sont pas nos souvenirs qui nous définissent, mais nos actes. » « Lorsque l’unicité sera considérée comme une vertu, la paix s’imposera. » Dans la peau de l’héroïne, Scarlett Johansson s’éclate comme elle peut en combinaison couleur chair mais semble de plus en plus cadenassée dans des rôles robotiques – Avengers, Under the skin, Lucy – si bien qu’elle suscitait davantage de sentiment dans Her, où seule sa voix nous parvenait. Le plus réussi reste les décors qui mettent en mouvement un Tokyo gobé par Hong Kong et envahi par la réalité augmentée. La 3D moins inutile qu’à l’accoutumé aurait pu mieux jouer sur cet effet immersif aujourd’hui à portée de main. Si le manga demeure visionnaire, le film, peu novateur, s’accroche à son époque dans laquelle la cybersécurité n’est plus un fantasme ni un fantôme.

6/10

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« Dernier train pour Busan » (Boo-San-Haeng) de Sang-Ho Yeon

Séances rattrapage

(Rattrapage) “Ceux qui craignent prendront le train”

A Séoul, trop occupé par son travail, Sok-woo accepte de raccompagner sa fille Soo-ahn auprès de sa mère. Tous deux embarquent dans un train à grande vitesse direction Busan. Mais juste avant la fermeture des portes, une jeune femme contaminée par un virus inconnu s’immisce dans le convoi.

Il n’est plus alors question que de survie dans ce film d’action horrifique coréen. Entre le chacun pour soi et le sens du sacrifice, la lâcheté égoïste ou un courage altruiste, le choix effectué laissera apparaître la vraie nature de chacun. Un zombie express efficace, mais moins puissant dans un genre proche que Le Transperceneige, locomotive de Bong Joon-ho.

(7 /10)

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dernier-train-pour-busan

 

« Mr Wolff » (The accountant) de Gavin O’Connor

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Pensée du jour : Batman a des lunettes

Depuis l’enfance, Christian se distingue par sa différence. Son comportement proche de l’autisme et ses capacités de calcul hors du commun ont alerté et inquiété ses parents. Devenu adulte, le voilà gérant asocial d’un petit cabinet d’expertise comptable dans une banlieue sans âme. Alors pourquoi la brigade anti-criminalité du Ministère des Finances s’est-elle lancée à sa recherche ?

Si Mr Wolff peut être vu comme un loup aux pattes de velours masquant sa vraie nature,  c’est à la chauve-souris qu’il fait irrémédiablement penser. Et ce n’est pas le choix de Ben Affleck dans le rôle qui va biaiser cette interprétation. Le nouveau Bruce Wayne a certes troqué manoir et cape pour le costume passe-partout d’un agréé, mais la figure double et sombre du chevalier noir, les armes de pointe et la Batmobile – une caravane high tech – sont bien présentes. Construit comme puzzle, le film divertit le temps de remettre en place chacune de ses nombreuses pièces. L’exercice n’étant pas d’une exigence extrême, l’intérêt diminue une fois les facettes de tous les personnages dévoilées. Sans ces quelques facilités scénaristiques, cette histoire de comptable héroïque se serait vraiment démarquée.

7/10

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« Inferno » de Ron Howard

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Pensée du jour : L’enfer, c’est les autres       

Robert Langdon se réveille en sueur dans un lit d’hôpital, une blessure à la tête. L’esprit hanté par des visions apocalyptiques, le désormais célèbre professeur de symbologie a oublié où il était et pourquoi. Sienna Brooks, médecin urgentiste, tente de le rassurer et lui confirme qu’il se trouve à Florence. Quand une carabinière bien décidée les interrompt en leur tirant dessus…

Et nous voilà entraînés dans une course-poursuite « dantesque », c’est le mot, sur un rythme infernal et très vite éreintant. Le roman à succès de Dan Brown offrait une intrigue plutôt solide et convainquait presque avec la théorie alarmiste de l’ennemi dénonçant la surpopulation comme cause de tous les maux. Il séduisait encore en décrivant les beautés architecturales et mystérieuses de Florence, ainsi que les autres villes traversées au fil de l’action. Fidèle à l’œuvre tant qu’il le peut, mais pressé par ses producteurs, Ron Howard n’a ni le temps ni le talent d’en faire quelque chose, compilant près de 500 pages en 2 heures et 2 minutes dans une imagerie épileptique et boursouflée. C’est à la fois peu et trop.

5.5/10

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« Nerve » de Henry Joost, Ariel Schulman

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Pensée du jour : Du PIN et des jeux

Venus, dit Vee, est une lycéenne un peu trop sage et réservée selon son entourage. Quand sa meilleure amie, l’exubérante Sydney, l’encourage à s’inscrire à Nerve, le jeu en ligne le plus « hype » du moment, la blonde timide n’imagine pas encore qu’il lui faudra prouver là qu’elle a des nerfs d’acier.

Non, le dernier divertissement à la mode dans New York n’est apparemment pas la chasse aux Pikachu, mais un Cap ou pas cap, version 2.0. Deux catégories de participants seulement : ceux qui s’activent et subissent pour remplir leur bourse et ceux qui incitent et paient pour regarder. Le spectateur de cinéma n’a donc guère le choix et est instantanément catalogué « voyeur ». Que le spectacle commence ! Par une romance aux teintes comiques plutôt réussie, d’abord, portée par la nièce de Julia et le frangin de James, trop âgés tout de même pour simuler des premiers émois. L’action enclenche ensuite le mode thriller, au rythme de défis de plus en plus périlleux que s’évertue à relever le duo, pour s’achever au cœur d’une arène plus Hunger games que Pokemon… Mais que fait la police de la grosse pomme, se demande-t-on ? Le scénario précipité finit par perdre de son souffle ne résistant plus à la haute qualité pulsative de la mise en scène et de la musique.  Dommage, car avec des thématiques aussi parlantes qu’actuelles, telles que l’exhibition adolescente sur les médias sociaux, l’exploitation des mégadonnées et l’aliénation des masses, le message apporté était espéré plus percutant.

7/10

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« Suicide Squad » de David Ayer

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Pensée du jour : Inglourious basterds 

Superman a été déclaré mort et le gouvernement américain craint qu’une force surpuissante moins conciliante ne prenne sa place et le pouvoir. Anticipant la menace, l’agente fédérale Amanda Waller propose de créer une unité d’élite hors norme comprenant les plus dangereux des criminels emprisonnés. Vous pensez vraiment que c’est une bonne idée ?

Sur le papier, il y avait de quoi se réjouir en imaginant les très vilains de l’univers DC Comics réunis à l’écran afin de sauver le monde au nom du pire. Finalement, seule la déception s’en sort vainqueur. Car les méchants déclarés s’avèrent trop gentils, conservant tous une miette d’amour et d’humanité qui les rend plus respectables que leurs supérieurs imposés. Seule la piquante Harley Quinn – Margot Robbie, la blonde louve de Wall Street – épice un peu l’équipe. Quant à leurs adversaires du jour, on attendait beaucoup de la nouvelle figure prometteuse du Joker – Jared Leto, plus allumé encore dans le rôle que l’immortel Heath Ledger –, hélas complétement sacrifiée pour mieux annoncer l’épisode prochain de Batman. Il faut alors supporter un ratage complet entre une enchanteresse désarticulée et son frangin bodybuildé. Et l’on prétend que le ridicule ne tue pas… Avec un scénario et une réalisation mal maîtrisés, DC perd encore une vie dans son combat filmique à distance face à son meilleur ennemi Marvel. A ce niveau, le « Game over » semble proche.

5/10

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