« Coco » de Adrian Molina et Lee Unkrich

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“Le petit chanteur de Mexico”                                    

Le jeune Miguel aurait voulu être un artiste. Mais dans sa famille, la musique est taboue depuis une trahison paternelle, survenue il y a plusieurs générations. Un voyage inattendu dans l’autre monde, sur les traces de ses ancêtres, lui permettra peut-être de plier son destin et de réaliser son rêve.

Cette année, l’oncle Walt s’attaque au marché voisin en s’inspirant de la Fête des Morts mexicaine. De quoi peut-être déconstruire les murs futurs de l’autre Donald ? L’hommage visuel est réussi, empli de couleurs et de chansons typées. Les squelettes n’ont rien d’effrayant et sourient de toutes leurs dents. Si le scénario peine à trouver un équilibre, fragilisé par quelques artifices, il finit par toucher le cœur par sa juste morale : n’oublions jamais ceux qui sont partis, tout en aimant les vivants.

7.5/10

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« Paddington 2 » de Paul King

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“Gummy bear”                                                                   

Aujourd’hui, Paddington fait partie intégrante de la famille Brown et est devenu un membre incontournable de son quartier. Lorsqu’il découvre chez l’antiquaire un livre rare qui enchanterait sa vieille tante aimée, il économise penny après penny pour pouvoir le lui offrir. Mais quand l’ouvrage précieux est volé une nuit, c’est l’ours innocent que l’on accuse.

Quel plaisir de retrouver la peluche péruvienne dans de nouvelles aventures. Le premier épisode charmait par sa  fantaisie toute britannique. Mêmes ingrédients ici sans que la recette ne s’altère. Le scénario s’éparpille certes en mêlant film de prison et chasse au trésor dans Londres, mais il tient bon, évitant les temps morts et digressions inutiles. Chaque élément prend sens dans l’action finale.

Par sa candeur, Paddington a le don de révéler le meilleur en l’autre. Il faut le voir transformer un pénitencier en maison du bonheur pour oser y croire. Même le vice, incarné, après Nicole Kidman, par Hugh Grant, ne peut que fondre face à lui. Dans le rôle d’un comédien raté sur le retour, l’acteur plein d’autodérision retrouve enfin le bonheur de jouer.

Une tartine de marmelade qui sustentera l’appétit des petits et des plus grands ayant gardé leur âme enfantine.

8/10

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« Téhéran tabou » (Tehran taboo) de Ali Soozandeh

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“Sous le voile des apparences”

Dans les allées sombres de Téhéran, errent des âmes en peine. Corruption, trafic ou prostitution cadencent leur combat quotidien pour la survie.

Pari arbore un foulard rouge vif quand elle se prostitue dans les voitures, son fils muet à l’arrière. Depuis sa prison, son mari toxicomane lui refuse le divorce. Après une nuit de ferveur, la jeune Donya se doit de recoudre son hymen afin de rester pure aux yeux de son futur mari. Quant à Sara, enceinte, elle refuse son statut de mère au foyer. Sous le voile vertueux de la République islamique se dissimule une société gangrenée par l’hypocrisie, l’injustice et la frustration. La police des mœurs traquent les couples non mariés, mais laissent les vils se maintenir au pouvoir. La misère serait-elle moins pénible sous le soleil de l’ailleurs ? Oui, selon l’un des personnages, car « au moins là-bas, on ne se fait pas prendre pour un rien. » Premières victimes, les femmes, marionnettes aux mains du patriarcat, et les enfants, témoins silencieux. Un constat cru que la technique de l’animation désamorce quelque peu. Filmés sur fond vert, les attitudes des comédiens sont ensuite réinterprétées par le dessin. Malgré quelques saccades, l’esthétique choisie impressionne par son degré de vérisme.

7/10

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« La passion Van Gogh » (Loving Vincent) de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

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“Qui a tué Vincent ?”

Voilà un an que l’artiste décrié s’est donné la mort. Son ami, le facteur Roulin, confie à son fils Armand le soin de remettre au frère du peintre, Théo, une lettre oubliée. Acceptant la demande à contrecœur, le jeune homme finira par se passionner pour le mystère Van Gogh.

Fruit d’un travail titanesque long de plusieurs années, cette œuvre collective anime l’art du Hollandais volant de manière originale. Les scènes illustrées dans les tableaux du maître sont rejouées par des acteurs. Chaque image obtenue est ensuite repeinte à la main dans un style impressionniste. Mises bout à bout, elles donnent vie à ces paysages et personnages fameux habituellement figés. Quelques efforts sont nécessaires pour se laisser toucher par la beauté de l’objet aux mouvements parfois saccadés. Les couleurs se teintent de noir quand le passé évoqué envahit l’écran. L’histoire vire à l’enquête, façon Citizen Kane, au rythme des témoignages recueillis. Malgré ces artifices, l’intrigue intéresse au point de se laisser émouvoir à nouveau par le destin tragique du roi maudit.

7/10

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« Le Grand Méchant Renard et autres contes » de Patrick Imbert et Benjamin Renner

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“La ferme des animaux”

Au théâtre ce soir : un cochon qui expédie un bébé par poste, un lapin qui parle chinois, un renard pris pour une poule et un canard Père Noël.

Maître Renard sur une scène perché, nous tint à peu près ce langage : « Que le spectacle commence ! ». Les animaux de la ferme jouent les comédiens professionnels dans une folie joyeuse. Trois « fabulettes » pour préconiser un lâcher-prise et un laisser-grandir bien ciblés. La créativité et la tenue des deux premières compensent l’affaiblissement d’un final estampillé « Fêtes de fin d’année ». Plus vrais que nature demeurent les entractes drôlissimes. Une alternative franco-belge digne et bienvenue à la production américaine qui ravira petits et grands.

7/10

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« Your name » (Kimi no na wa) de Makoto Shinkai

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“Je nous aime”                                                                                                               

A 17 ans, Mitsuha s’est lassée du village lacustre d’Itomori dans lequel l’ennui l’enferme. De même, les traditions shintoïstes familiales passent aujourd’hui  à ses yeux pour un carcan étouffant. Elle rêve d’évasion dans la grande ville. La chute d’une comète exauce son vœu. Un matin, la jeune fille se réveille dans le corps de Taki, un lycéen de Tokyo, qui lui a pris sa place.

Donne-moi ton nom et je te dirai qui nous sommes. Féminin et masculin. Nature et urbain. Humain et divin. Moderne et ancien. A l’opposé, mais liés éternellement par les fils du temps. Ce qui débute comme une amusante comédie romantique entraînant les quiproquos liés au(x) genre(s) – « Pourquoi touches-tu toujours tes seins ? » ou « Quelques conseils pour parler aux femmes et les séduire… » – prend une profondeur inattendue. Dans leur différence, Mitsuha et Taki incarnent le double visage d’un Japon à jamais marqué par ses antagonistes, sa culture millénaire, ses croyances fondatrices et ses traumatismes ineffaçables. Leurs traits enfantins s’inscrivent dans les détails de décors touchant au somptueux. Si la magie de Miyazaki n’est pas encore atteinte, l’imaginaire animé de Shinkai nous transporte en s’en approchant.

8/10

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« Quelques minutes après minuit » (A monster calls) de Juan Antonio Bayona

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“Il était une foi”

La vie est amère pour le solitaire Conor. Malmené par les brutes de son école, il doit affronter, de retour à la maison, l’absence du père et le cancer de sa mère. Afin de contrer ses peines, il s’évade dans ses dessins et son imaginaire. Quand une nuit, l’arbre géant qu’il aperçoit depuis la fenêtre de sa chambre, se réveille et vient à lui. Au fil de leurs rencontres, celui-ci contera trois histoires. Puis, ce sera à Conor de lui révéler sa vérité.

Une belle mise en place pour cette approche à hauteur d’enfant de l’acceptation et du dépassement de la maladie. A travers les récits sanglants du grand if, le garçonnet apprendra que bien et mal ont des frontières brumeuses, qu’il est important de garder la foi et de faire preuve de courage face à l’adversité. Le visuel séduit aussi entre une esthétique gothique et l’aquarelle des parties animées.  Mais au bout « conte », le système répétitif s’enraie dans un art naïf teintant l’ensemble de couleurs mélodramatiques trop saturées.

6.5/10

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« Vaiana, la légende du bout du monde » (Moana) de Ron Clements et John Musker

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“Le cœur de l’océan”

Alors que son île se meurt, Vaiana, l’intrépide fille du chef du village, s’embarque en cachette pour une traversée en solitaire au-delà des récifs. Sa mission, retrouver Maui le bravache et le contraindre à rendre à la déesse nature le cœur émeraude qui lui déroba en son temps. Un périple semé d’embûches.

Après l’Amérique, l’Europe, l’Afrique et l’Asie, il manquait au colon Disney de conquérir le continent océanien. C’est désormais chose faite avec cette histoire ancrée au cœur du Pacifique. D’emblée, c’est le visuel qui séduit. Rarement le maritime et le végétal n’ont été aussi éclatants à l’écran dans un film d’animation, de même que la qualité des visages offerts. On apprécie aussi la veine écologique défendue, ainsi que l’esprit d’indépendance de l’héroïne qui refuse d’être qualifiée de princesse malgré la robe et ses petits compagnons d’aventure, parmi lesquels le poulet le plus crétin qu’on ait jamais pondu. Un trait de caractère qui rappelle celui de son aînée, l’Écossaise Rebelle. Aucun fiancé potentiel à l’horizon ! Et ce n’est pas Maui, trop narcissique pour séduire, qui saurait jouer les charmants. Le reste répond au classicisme de la maison-mère entre un (trop) long récit initiatique, des dangers à surpasser et  une fin heureuse garantie. Le tout sur des chansons calibrées et mal traduites, sauvées cependant par les chœurs et percussions polynésiens accrocheurs.

7/10

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« Tous en scène » (Sing) de Garth Jennings

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“The chow-chow must go on”

Les affaires du producteur Buster Moon ne sont guère au poil. Créanciers à sa poursuite, machinistes ayant les crocs et théâtre en décrépitude. Il lui faut vite dénicher la bonne idée qui lui permettra de reprendre patte. Et s’il organisait un concours de chant ouvert à tous ?

Zootopie, Comme des bêtes, Le monde de Dory et les trente millions d’autres, force est de constater que l’animal inspire toujours les grands studios d’animation. Et quitte à rajouter d’artificielles chansons pour espérer glaner un Oscar supplémentaire, autant y aller franchement en prenant le taureau par les cornes. Ce qui nous donne un bestiaire peu ordinaire : un Lady Gragras à paillettes, une ménagère de moins de 50 ans rêvant de danser sa vie loin de ses 25 pourceaux, une éléphante à la tessiture de porcelaine et un « Sinatrat » jouant au chat et à la souris avec des ours. Mention spéciale au girls band de chow-chows japonais complètement hystériques. Chacun cherche sa belle voix – celles entre autres de Matthew McConaughey, Reese Witherspoon et Scarlett Johansson en version originale – pour mieux se révéler à la lumière des projecteurs. Au final, une ribambelle de saynètes réussies comme ces peaux de koala et de mouton astiquant un pare-brise sur le Nessun Dorma de Puccini, mais un certain manque d’harmonie une fois la scène quittée et le rideau retombé.

7/10

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« Louise en hiver » de Jean-François Laguionie

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Pensée du jour : La vieille qui marchait dans la mer

La fin de l’été fait fuir les saisonniers. Pensant avoir le temps, Louise le prend. Elle rate pourtant le dernier train. Il n’y en aura plus avant l’an prochain. La voilà, âme errante, dans la station balnéaire délaissée de Biligen. Seule avec ses rêves. Seule avec ses souvenirs.

Après Anomalisa, La Tortue rouge et, dans une certaine mesure aussi, Ma vie de courgette, l’animation cinématographique s’éloigne à nouveau des territoires enfantins pour susciter l’intérêt et la réflexion du public adulte. Sur une relecture de Robinson Crusoé,  Jean-François Laguionie qui s’était démarqué en réalisant un beau Tableau s’interroge sur la fatalité de la vieillesse. Sentiment d’abandon ? Lutte contre l’amnésie ? Sénilité ? Les angoisses personnelles se transposent sur le personnage vaillant et serein de Louise. Les pastels et gouache diluée aux couleurs douces laissant transparaître le grain du papier, ainsi que la sobriété du trait séduisent en dépit d’une animation quelque peu saccadée. Libre à chacun de se laisser inspirer ou pas par la poésie quasi surréaliste de l’auteur. Un dessin animé qui risque d’ennuyer les enfants pour mieux plaire aux seniors.

6.5/10

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