« Valérian et la Cité des mille planètes » (Valerian and the City of a Thousand Planets) de Luc Besson

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“L’élément manquant”

Le Major Valérian reçoit un signal étrange d’une origine inconnue qu’il n’a le temps d’analyser. Accompagné de Laureline, sa complice bien-aimée, il est mandaté par le ministre de la Défense pour récupérer au marché noir une rareté. Le dernier spécimen d’une espèce disparue sur lequel repose l’avenir des habitants de la planète qui l’ont contacté à l’origine.

Que ceux qui n’ont pas été bercés par l’univers scénaristique et graphique de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières soient avertis. Adoubés par les auteurs de la bande dessinée pour son esprit fidèle, Luc Besson s’en va prêcher les convertis et en oublie les néophytes. Après un prologue au didactisme enjoué sur le Life on Mars de David Bowie, il se refuse de présenter son couple d’agents spatio-temporels, au stade déjà de la demande en mariage. Pas sûr d’être convié à l’événement futur… La suite est un enchaînement de scènes cumulant les courses-poursuites genre jeux vidéo, un comique peu drôle et des personnages sans épaisseur. Le pauvre grand méchant désigné est si insignifiant qu’il finit par gesticuler au bout d’une liane en quête sûrement de lignes de dialogue supplémentaires. Visuellement, l’aspect androgynique des Pearls, avatars réussis des Na’vi, séduit. Dommage que leur planète ne dépasse pas le créatif d’un catalogue pour les Maldives. Le film le plus cher du cinéma français ne lui fera pas honte par son élan régressif, mais que de manques pour qu’il atteigne l’inoubliable.

5.5/10

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« La momie » (The mummy) de Alex Kurtzman

Critiques

“Mommy!”

En son temps, la cruelle princesse Ahmanet, assoiffée de pouvoir, fut momifiée vivante. Nick Morton, soldat d’élite en Irak et pilleur de sites archéologiques à ses heures perdues, découvre aujourd’hui son tombeau. Ainsi, réveille-t-il l’âme damnée de l’Égyptienne.

Quelque peu lassé par le monopole super-héroïque, Hollywood incante ses monstres classiques de l’au-delà. La momie montre la voie, suivie de très près par Dr. Jekyll, opportunément présent sous les traits de Mr. Crowe. Sont annoncés Frankenstein, Dracula, le loup-garou, l’homme invisible… L’idée peut séduire les plus nostalgiques, mais le sortilège ne prend pas. Sans personnalité propre, le film en appelle à Indiana Jones, Hitchcock – brune et blonde rivales et séductrices, oiseaux menaçants –, The walking dead et Mission impossible, série dans laquelle on préfère voir Tom Cruise s’ébattre. Cette avalanche successive de tons et de références fragilisent la pyramide qui finit par s’écrouler. Oubliez monstres et super-héros, seule une intelligence créatrice sauvera le cinéma américain.

5.5/10

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« Wonder woman » de Patty Jenkins

Critiques

“L’ordre divin ?”

Diana, fille de Zeus et d’Hippolyta, reine des Amazones. Une combattante hors pair aux pouvoirs sans limites. Afin de sauver l’humanité déchirée par la Première Guerre mondiale, elle devra affronter les forces armées allemandes et son demi-frère Arès.

Wonder woman, la perfection au féminin ? Première super-héroïne à tenir l’affiche du premier film de ce genre réalisé par unE cinéaste, Lady D. peut s’enorgueillir au moins d’une chose : satisfaire à la fois les revendications féministes et les fantasmes des machos branchés SM, amateurs d’ingénues corsetées sachant claquer le fouet. Le lésé dans l’histoire restera le cinéphile qui face à maelström d’action, de péplum mythologique, d’espionnage et de romance, long de 2 h 21, se blottira vite dans les bras réconfortants de Morphée.

5/10

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« Alien : Covenant » de Ridley Scott

Critiques

“Alien-nation”

Alors qu’il vole vers Origae-6 avec à son bord un androïde pilote, 2000 colons en sommeil, ainsi qu’un millier d’embryons, le vaisseau mère Covenant affronte une violente tempête solaire. Réveillés, les membres de l’équipage parviennent à réparer l’engin. Avant de reprendre chemin, ils captent un signal venant d’une planète non repérée jusqu’alors. En dépit des réticences de l’officier Daniels, le capitaine Oram ordonne d’explorer ce lieu inconnu, dans l’espoir d’y trouver une terre d’accueil. Une décision lourde de conséquences.

Il serait vain de numéroter cet épisode, préquelle de la tétralogie débutée en 1979 et suite du plus récent Prometheus, genèse de l’ensemble. Dieu tout puissant de la série, Ridley Scott s’acharne à en maintenir le culte. Poussé par un instinct Giger, le patriarche approfondit les thèmes de la création et de la foi abordés dans l’épisode précédent en multipliant les références culturelles et spirituelles  – la Bible, Wagner, Shelley, 2001 et compagnie – jusqu’à l’autocitation. Comme obnubilé par l’écriture d’une mythologie qui rassasierait les idolâtres, il en oublie de donner une âme à ses personnages, simples victimes expiatoires de la bête. Seul Michael Fassbender, dans un rôle d’agent double, retient un tant soit peu l’attention. En jouant au docteur Frankenstein avec lui-même et les autres, l’ange exterminateur choisit de régner en enfer plutôt que de servir au paradis. Il y a peu, Life de Daniel Espinosa contait quasi la même histoire sur le destin funeste de l’humanité. Dans son humilité et ses limites, le film s’avérait plus efficace.

6/10

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« La cité perdue de Z » (The lost city of Z) de James Gray

Critiques

“Jungle fever”

Dans l’Angleterre de 1906, le Major Percival Harrison Fawcett est engagé par la Société géographique royale pour cartographier la frontière entre le Brésil et la Bolivie. Cette expédition est importante pour lui qui se doit de redorer le blason familial entaché par l’alcoolisme d’un père. Il en reviendra transformé avec l’obsession de repartir sur place pour retrouver la mythique cité de Z.

A travers la vie de ce personnage réel, James Gray nous offre une épopée dense et fascinante qu’il ancre à la fois dans l’histoire du monde et dans l’intimité d’un homme. Ainsi évoque-t-il la société conquérante de l’époque avide de découvertes, mais peu encline à prêter aux populations indigènes le nom de civilisation. Alors qu’éclate la Première Guerre mondiale, les tranchées éveillent une sauvagerie autre de celle de la forêt équatoriale. Évitant l’effet carte postale souvent dévolu au genre, Gray opte pour une image vaporeuse et à la lumière discrète qui resserre son propos autour de la figure héroïque de Fawcett, écartelée entre sa quête et les siens qu’il abandonne au pays. Sa femme Nina, soutien sacrifié de la première heure, et ses enfants qu’il n’aura pas vu naître finiront par épouser son rêve d’absolu. Un héritage existentiel qui se définit par cette maxime : « La portée d’un homme devrait dépasser son étreinte. Sinon, à quoi bon le ciel ? »

8.5/10

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« Les gardiens de la galaxie, vol. 2 » (Guardians of the Galaxy Vol. 2) de James Gunn

Critiques

“Suite familiale”                                                                                                                 

Fidèles à leurs mauvaises habitudes, Peter Quill et ses joyeux drilles se mettent rapidement à dos une bonne partie de la galaxie. Ils sont sauvés in extremis par Ego, un homme-dieu avec un « d » minuscule, qui annonce sans ambages : « Peter, je suis ton père ».

Retour vers le futur pour le club des 5 déjantés qui surent mettre à genoux le box-office mondial en 2014. Comme on ne change nullement une équipe qui gagne, gardons les atouts en main et recommençons : effets spéciaux grandiloquents, humour ravageur, groove aux déhanchements inéluctables. Ajoutons une brindille craquante et misons sur un scénario paresseux opposant famille choisie et liens du sang. Alors pourquoi le « Ouah » du premier s’est-il transformé en un bâillement sonore et répétitif ? L’effet de surprise et l’audace n’étant pratiquement plus au rendez-vous, c’est l’ennui qui prédomine et imprègne ce spectacle sympathique, mais inutile.

6/10

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« Logan » de James Mangold

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“Une fin de loup”

En 2024, les mutants ont disparu de la terre et des mémoires. Rare survivant, Wolverine n’est plus que Logan, une loque en souffrance prenant soin comme il le peut d’un professeur Xavier malade et sénile. C’est alors qu’une infirmière mexicaine le supplie de protéger Laura, fillette mutique, traquée par l’agent de sécurité Donald Pierce et ses sbires dangereusement armés.

Yeux cernés, poil grisé, griffes rouillées, corps lacéré, le héros fatigué n’a encore de super que le carburant qui nourrit la limousine lui servant de gagne-pain et de tanière. Suite à une catastrophe que seuls les initiés comprendront, comme beaucoup d’autres détails dans le film, il se retrouve sans espoir de guérison, l’alcool et le virus sillonnant ses veines. La bête se meurt sans avoir pu goûter à l’humanité réconfortante d’une vraie famille, malgré la figure paternelle qu’il arbore ici. Ce requiem aurait pu être magnifiquement shakespearien. James Mangold préfère le western, faisant de son loup solitaire, un homme des vallées perdues. Moins explosif et pétaradant que ses nombreux adversaires, d’une plus grande profondeur aussi, ce duel au soleil s’avère sanguinolent, long et lassant parfois. Il marque d’un X final la destinée trilogique de ce justicier animal. Un hommage désenchanté aux allures non pas d’un au revoir, mais d’un adieu. Déchirant pour les plus passionnés, anecdotique pour les autres.

6/10

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« Midnight special » de Jeff Nichols

Séances rattrapage

(Rattrapage) “Téléphone, maison”

« Alerte enlèvement ! Le jeune Alton, 8 ans, a été kidnappé par deux hommes armés et dangereux »,  assènent les médias de la région. La police est à leurs trousses, de même que le FBI et les membres d’une communauté sectaire.

Mieux vaut ne pas trop en dire ni en lire et se laisser surprendre par le mystérieux de ce film intense et beau. Spielberg a trouvé en Jeff Nichols un héritier inspiré qui nous offre ici une relecture inversée et personnelle d’E. T.

(8.5/10)

midnight-special

« Inferno » de Ron Howard

Critiques

Pensée du jour : L’enfer, c’est les autres       

Robert Langdon se réveille en sueur dans un lit d’hôpital, une blessure à la tête. L’esprit hanté par des visions apocalyptiques, le désormais célèbre professeur de symbologie a oublié où il était et pourquoi. Sienna Brooks, médecin urgentiste, tente de le rassurer et lui confirme qu’il se trouve à Florence. Quand une carabinière bien décidée les interrompt en leur tirant dessus…

Et nous voilà entraînés dans une course-poursuite « dantesque », c’est le mot, sur un rythme infernal et très vite éreintant. Le roman à succès de Dan Brown offrait une intrigue plutôt solide et convainquait presque avec la théorie alarmiste de l’ennemi dénonçant la surpopulation comme cause de tous les maux. Il séduisait encore en décrivant les beautés architecturales et mystérieuses de Florence, ainsi que les autres villes traversées au fil de l’action. Fidèle à l’œuvre tant qu’il le peut, mais pressé par ses producteurs, Ron Howard n’a ni le temps ni le talent d’en faire quelque chose, compilant près de 500 pages en 2 heures et 2 minutes dans une imagerie épileptique et boursouflée. C’est à la fois peu et trop.

5.5/10

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« Miss Peregrine et les enfants particuliers » (Miss Peregrine’s home for peculiar children) de Tim Burton

Critiques

Pensée du jour : Les enfants perdus

Garçon rêveur et solitaire, Jacob est appelé en urgence par son bien-aimé grand-père souffrant de sénilité. Il le retrouve agonisant, les orbites noires à la place des yeux. Avant de mourir, celui-ci le met en garde contre un danger imminent et lui révèle le chemin qui l’entraînera vers la mystérieuse Miss Peregrine, seule apte à l’aider.

L’enfance, la différence, l’aventure et le fantastique, il y avait tous les ingrédients dans l’œuvre d’origine de Ransom Riggs, best-seller en 2011, pour satisfaire la magie noire de Tim Burton et ravir ses adeptes les plus fidèles. La formule pourtant ne prend jamais vraiment. Si l’on retrouve son gothique apprécié, incarné avec une grâce bienveillante par la troublante Eva Green, les nombreuses références visuelles que l’on devine ou que l’on imagine – de Freaks à Jason et les Argonautes, de L’orphelinat à Harry Potter, en passant par le Monde de Narnia et Titanic – finissent par noyer et confondre cet univers trop complexe peut-être pour un film unique. Ainsi sont sacrifiés les personnages secondaires des parents, de la psychiatre et le passé de tous ces « X-Kids » prisonniers d’une boucle temporelle lassante. Tous auraient sans doute donné plus de chair à cette histoire.  Pêchant par un manque d’action flagrant, un humour trop discret et une violence à ne pas infliger au regard des plus intimidés, l’émotion autrefois ressentie de par le merveilleux poétique de l’artiste n’est pas au rendez-vous. Aujourd’hui, Tim Burton ressemble à un garçon particulier égaré et en quête de lui-même. A moins que ce ne soit nous qui ayons perdu un peu de l’enfant qui était en nous.

6/10

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