« La mort et la vie d’Otto Bloom » (The death and life of Otto Bloom) de Cris Jones

Critiques

“Déjà-vu”                                                                             

Un jeune homme orphelin et amnésique est confié à une psychologue. Au fil de ses entretiens avec lui, elle remarque ses facultés à prévoir le futur tout en oubliant le passé. Est-ce un manipulateur ? Un magicien ? Un fou ? Un messie ?

L’étrange histoire d’Otto Bloom n’est pas sans rappeler celle de Benjamin Button, personnage de cinéma né vieillard, mort en tant que nourrisson. Le corps de l’Australien est censé évoluer normalement, mais sa conscience régresse. S’il se souvient des belles choses à venir, hier a disparu de sa mémoire. De quoi s’interroger sur la relativité du temps et l’importance que l’on accorde à l’instant.

Le conte aurait pu être fabuleux, son propos, vertigineux. Mais le message véhiculé n’est pas nouveau, plombé par les approximations et les poncifs. Quant au choix formel du faux documentaire, il refroidit le potentiel émotif de cette histoire d’amour éternel.

5/10

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« Lion » de Garth Davis

Critiques

“Little India”

Un soir, le petit Saroo supplie son frère aîné de l’emmener quêter nourriture et objets utilitaires. Mais, pris de fatigue durant la nuit, il s’endort sur le banc d’une gare. Esseulé à son réveil, il s’égare et se retrouve prisonnier d’un train vide qui l’entraîne dans l’immensité indienne. Vingt-cinq années plus tard, après avoir été recueilli par un couple australien, Saroo l’adulte éprouve le besoin oppressant de retrouver ses racines. Grâce aux nouvelles technologies, il emprunte le long chemin qui le guidera vers les siens.

Grands yeux noirs, crinière au vent, gestes et esprits vifs, l’acteur Sunny Pawar a tout d’un lionceau sur le qui-vive. A travers son personnage et une histoire vraie que la fiction n’aurait osé écrire, l’on découvre ou redécouvre un pays, ses couleurs, ses sourires et ses plaies. 80’000 enfants disparus, oubliés ou perdus en Inde chaque année. Un regard également sur l’adoption, ses bonheurs et ses douleurs, marqués par le sentiment indélébile de l’abandon. On remercie le film de respecter les langues locales sans les sacrifier sur l’autel de l’anglais. On rougit d’émotion à la rencontre des protagonistes réels sur le générique final. Mais on rugit aussi face aux longueurs et déséquilibres narratifs, digressions sentimentales et une musique par moments trop insistante.

6.5/10

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