Les Navets 2020

Navets

Même le virus n’a pas empêché la soupe aux navets 2020 d’avoir du goût !

5) « The grudge » de Nicolas Pesce
Même pas peur !

4) « Parents d’élèves » de Noémie Saglio
Zéro de conduite

3) « Pinocchio » de Matteo Garrone
Adieu monde cruel !

2) « Mulan » de Niki Caro
Reviens Mushu !

Et le Navet 2020 est attribué à…

1) « Les traducteurs » de Régis Roinsard 
Où sont passés les correcteurs ?

Les Navets 2019

Navets

La soupe 2019 n’a pas forcément le goût du navet naturel, mais plutôt celui de la déception et de la colère :

5) « Venise n’est pas en Italie » de Ivan Calbérac
C’est encore long les vacances ?

4) « Gloria Mundi » de Robert Guédiguian
A bas les jeunes !

3) « Shazam! » de David F. Sandberg
Supernaze

2) « Yves » de Benoît Forgeard
« Carrément rien à branler »

Et le Navet 2019 est attribué à…

1) « Nous finirons ensemble : les petits mouchoirs 2 » de Guillaume Canet
Les Bronzés 2 : amis pour la vie

« Venise n’est pas en Italie » de Ivan Calbérac

Critiques

“La famille Boulet”

Emile, 15 ans, tombe sous le charme de sa camarade Pauline, harpiste et fille d’un chef d’orchestre renommé. Elle l’invite à la rejoindre pour un concert qu’elle donnera à Venise. Un rêve pour ce jeune garçon mal dans sa peau qui devient cauchemar quand ses parents décident de l’accompagner.

Les Chamodot n’ont que peu de moyens et pas beaucoup de chance. Ils vivotent serrés dans une caravane en attendant un permis de construire qui ne vient pas. Leur travail rime avec galère et à l’école, ce n’est pas la joie. Et pourtant, rien n’est impossible pour cette famille formidable et généreuse. Car ils s’aiment, pas toujours très bien, mais beaucoup.

Le réalisateur raconte son histoire et ses parents terribles, avec tendresse, sincérité et… grande naïveté. Entre la romance et la honte adolescentes, rien ne convainc. Parmi des personnages peu inspirés et mal écrits, seul Benoît Poelvoorde se distingue par un certain naturel. Quant à la lutte des classes en quête de bonheur, elle se noie dans une misérable caricature. Et cette musique doucereuse qui incite grossièrement à l’émotion. Trop longue est la route jusqu’à la lagune, dont la seule poésie reste ici le titre.

4.5/10

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« The dead don’t die » de Jim Jarmusch

Critiques

“Z comme zombie”

Il se passe des choses étranges à Centerville, bourgade américaine sans importance. Les montres s’arrêtent, nuit et jour s’inversent et les animaux ont fui. Il est grand temps pour les morts de sortir de leur sommeil.

Cette mise en place alléchante s’éternise. Et puis, plus rien… A peine quelques éléments explicatifs prétextant un désaxement du globe en raison de pontages intempestifs dans le Grand Nord. Quelques cure-dents lancés à la face des politiques – Donald et ses sbires –, des morts-vivants exsangues réduits en fumée par leur vanité matérialiste, et une louche de références surlignées aux classiques du genre – Romero, Hitchcock et Pop culture.

La belle brochette de comédiens semble mystérieusement absente. Plombés par la léthargie ambiante, les personnages principaux agacent par leur grande passivité. Quant aux plus dynamiques, ils finissent vite en menu du jour. Le shérif Peterson – Adam Driver – confesse avoir lu le scénario. Il n’a pas dû être long à dévorer. Pour nous dire que tout est foutu et que seuls les ermites asociaux seront sauvés, Jarmusch manque cruellement d’idées et de génie. Lui dont les vampires étaient les derniers romantiques vivants – Only lovers left alive – confirme ici que « zombie » s’écrit avec un z.

4.5/10

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« Nous finirons ensemble : les petits mouchoirs 2 » de Guillaume Canet

Critiques

“Mes amis, mes amours, mes emm…”

Acculé par des problèmes d’argent, Max s’en va seul dans sa maison de vacances afin d’en préparer la vente discrète… C’est alors que débarquent par surprise ses amis de toujours, venus célébrer ses 60 ans.

En 2010, nous les avions laissés pleurant la disparition brutale de leur copain Ludo. Les voici de retour et force est de constater qu’ils n’ont hélas guère changé, malgré les rides et kilos supplémentaires, d’autres enfants sur les bras et des divorces à gérer. Dans la famille des « belles personnes », j’appelle le colérique, la malade, le nouveau riche, l’alcoolique, l’homo hésitant, la nymphomane, le bouffon et l’hystérique. Une bande de Bronzés caricaturaux et si peu sympathiques qu’ils nous encouragent vivement à écourter nos vacances au Cap Ferret pour ne pas finir ensemble.

Avec le temps, l’on pouvait espérer que Canet aurait plus de bouteille que le nombre qu’il sert allègrement à ses comédiens. Incapable de gommer ses erreurs de jeunesse, le réalisateur s’avère bien plus « Rock’n roll » dans l’autodérision que dans ces portraits quasi méprisants. Du recyclé qui sent le réchauffé : manque de rythme, succession de clips musicaux, comique troupier et drame artificiel s’efforcent de nous tirer quelques rires et larmichettes. Mais, si l’on sort les petits mouchoirs, c’est seulement pour les agiter et dire adieu.

4/10

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« Eva » de Benoît Jacquot

Critiques

“Sans Elle”                                                                    

Bertrand, dramaturge à succès, choisit la solitude de la montagne pour y puiser, espère-t-il, de l’inspiration. Mais dans son chalet, un couple est entré par effraction. Après avoir chassé l’amant, il découvre dans la baignoire l’intrigante Eva.

Rarement une mise en place fut aussi laborieuse. La noyade d’un patient anglais sous les yeux de son gigolo impuissant. Une comédie théâtrale niaise, acclamée par d’improbables rires. Et cette rencontre douteuse entre le roman d’un tricheur et sa belle de jour.

Dans le rôle de l’homme idéal, Gaspard Ulliel n’a jamais été aussi transparent. Figure insignifiante d’un écrivain raté, incapable de transcender dans ses lignes la réalité. Face à lui, Isabelle Huppert, perruque noire, s’efforce sans convaincre de jouer les dominatrices désincarnées. Comme si son Elle s’était repliée. Rousse, la comédienne redonne enfin quelques couleurs à son personnage d’épouse amoureuse et dévouée

La mise en scène au montage haché menu empêche l’immersion. Refusant tout érotisme, sautant les scènes de sexe, elle insiste sans subtilité sur une possible triple dimension. Mais une pièce désolante inscrite dans une intrigue sans saveur ne peut, troisième degré ou pas, qu’engendrer un mauvais film.

3/10

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« Baby driver » de Edgar Wright

Critiques

“Bla Blague Car”

Acculé par une ancienne dette, le jeune orphelin Baby n’a d’autre choix que de travailler pour Doc. Lors de braquages organisés, il met au service du mafieux, ses talents exceptionnels de pilote, mu par la vitesse et par la musique. Gare à la casse !

Visage poupin, lunettes noires et écouteurs greffés aux oreilles, Baby se tait le plus souvent. « On attend toujours ses premiers mots… D’où son surnom ! », ironise l’un de ses compagnons de route. Quitte à choisir, cautionnons davantage ce mutisme que les quelques dialogues à plat de ce film mêlant action pétaradante, romance naïve et semblant de comédie musicale, l’idée principale étant de synchroniser les assourdissants vroum, boum et bang attendus avec la playlist de l’as du volant. Mais le La La Land automobile espéré d’Edgar Wright n’est qu’un Bla Blague Car prépubère qui prend vite le mur. Les chansons choisies n’accrochent que le bitume des spécialistes. Quant aux caricatures qui servent de personnages, elles n’ont pas plus d’épaisseur qu’un pare-brise simple vitrage. Mais que fait la police ? C’est à se demander ce que viennent faire les télégéni(qu)es Frank Underwood et Don Draper dans cet accident ? Peut-être s’imaginaient-ils circuler sous la caméra de Nicolas Winding Refn qui avait su faire de Ryan Gosling, sur une chanson du groupe College, un véritable héros.

4.5/10

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« K. O. » de Fabrice Gobert

Critiques

“Chaotique”

Antoine Leconte est un requin. Impitoyable et puissant directeur des programmes, il fait peu de cas de ses proches et de ses employés. La haine et l’envie qu’il suscite autour de lui pousse l’un d’eux à prendre une arme et à tirer. Coma. A son réveil, en dépit des apparences, tout a changé, rien n’est plus pareil.

Une première partie laborieuse portraiturant l’archétype du parfait salaud. Monsieur ignore et malmène fille, femme, maîtresses et assistantes. Les clichés se succèdent sans une once créative. Le monde de la télévision française ne serait qu’un concentré d’arrogance capitaliste et de rivalités venimeuses et de sexisme ambiant. Dans les hauts clapiers de verre sévissent de chauds lapins blancs aux griffes acérées. Au secours ! L’autre côté du miroir apparaît plus intéressant. Les rapports de force se renversent, les premiers deviennent les derniers et les rôles se dédoublent. On quête le mystère et mise sur l’étrangeté, le décalage. Las, les faiblesses envahissent vite l’écran. Le revenant Laurent Lafitte, OK en Vincent Bolloré, ne passe pas le casting météo. La déception est totale lorsqu’un message plus qu’usé de rédemption devient le dernier mot de cette histoire. Quand Gobert se prend pour David face aux Goliath américains Lynch et Fincher, c’est le frondeur qui finit KO.

4/10

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« Churchill » de Jonathan Teplitzky

Critiques

“Quand la victoire devient défaite”

En juin 1944, alors que les forces alliées patientent en Grande-Bretagne avant de débarquer en France, le Premier ministre anglais doute. Il craint que ne se répète le massacre de Gallipoli qui le marqua profondément lors de la Première Guerre mondiale. Tant bien que mal, il s’efforce de dissuader le Général Eisenhower et le Maréchal Montgomery d’agir.

Winston Churchill. Peut-être le personnage le plus important de l’histoire britannique comme affiché lors du générique final. Le film pourtant n’en fait qu’une pâle figure au bord de l’asphyxie. Un lion épuisé auquel dents et griffes auraient été arrachées. Un  boulet bien lourd qui freine l’avancée des armées. En privé, le blason ne gagne guère en dorure. Les scènes de la vie conjugale s’enchaînent en défaveur du « héros ». Et c’est sur une jeune secrétaire impressionnable que le bouledogue aboie encore avant qu’elle ne finisse par le dresser à son tour. Un hommage vraisemblablement raté donc qui s’efforce de reprendre grossièrement les ficelles du Discours d’un roi de Tom Hooper – apparitions bégayées ici de George VI. Mais contrairement à la réussite de son aîné, victime d’un suspens nul et d’effets visuels inutiles, cet instantané sans saveur et sans émotion laisse une victoire totale à l’ennui.

4.5/10

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Les Navets 2016

Navets

Des ratés en 2016 ? Peu, mais de bien gros au point d’en avoir mal aux yeux :

5) « Independence Day : resurgence » de Roland Emmerich
Mars attacks ! Encore ?
4) « Suicide Squad » de David Ayer
Vite, une corde pour me pendre !
3) « Alliés » (Allied) de Robert Zemeckis
Nos pires ennemis
2) « Encore heureux » de Benoît Graffin
… que cela ne dure qu’1 heure 33

Et le pire du pire…

1) « Les Visiteurs : la Révolution » de Jean-Marie Poiré
Deux c’est assez, trois c’est trop, trop, trop !